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Randonner et camper dans la neige : le guide complet

Randonner et camper dans la neige restent très différents d’un trek estival. En effet, il vous faudra passer outre le froid et l’humidité quasi constante qui handicapent grandement votre avancée et votre confort. Pour vous aider à vous préparer au mieux pour éviter toutes déconvenues lors d’un trek et d’un bivouac hivernal, je vous ai préparé un guide complet pour savoir comment survivre dans la neige.

Les équipements indispensables pour randonner et camper dans la neige

Avant tout, pour partir en randonnée ou en camping sous la neige, vous devrez vous équiper. La préparation de votre sac de randonnée sera assez différente de celle  d’une excursion d’été et ce dernier sera sans doute plus lourd. Outre la check-list de matériel de randonnée classique, vous devrez penser à prendre divers accessoires.

La tente 4 saisons, une obligation

Si vous comptez réaliser une randonnée sur plusieurs jours pendant l’hiver, la tente 4 saisons est un prérequis. Celles-ci sont conçues pour résister à des conditions extrêmes comme les neiges, les tempêtes et le gel. Avant d’acheter une tente 4 saisons, vérifiez que celle-ci détient bien :

  • Un double toit : pour isoler l’extérieur et l’intérieur de la tente en capturant un certain volume d’air.
  • Un renforcement dans les zones sensibles comme le sol, les coutures et les haubans.

Vous aurez par la suite le choix entre deux types de tentes :

  • Tunnel : rapide à monter et stable, ce type de tente peut offrir une excellente résistance au vent s’il est dans le bon axe. Il y a aussi un espace intérieur et une ventilation plus importants. Néanmoins, en cas de changement de direction du vent, il vous faudra réorienter rapidement votre tente.
  • Géodésique : aussi appelée dôme, cette tente détient une résistance au vent multidirectionnelle. Néanmoins, le montage est bien plus lent que pour une tente tunnel. Il est cependant conseillé de privilégier ce type de structure lorsque vous avancez en altitude.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter notre guide pour choisir la meilleure tente de randonnée pour votre situation.

Le choix d’un bon sac de couchage est primordial

Le plus grand ennemi d’un bivouac dans la neige est le froid. En effet, celui-ci peut aller d’un simple inconfort à un réel risque pour votre santé. Ainsi, il est crucial de choisir un sac de couchage adéquat. Pour cela :

  • Vérifiez les températures indiquées : la température de confort, la température limite et la température extrême. Cette dernière est inutilisable dans la pratique et correspond à la température charnière où vous pouvez risquer l’hypothermie après quelques heures de sommeil.
  • Regardez bien le garnissage : vous devrez choisir entre l’efficacité contre le froid des plumes et du duvet de canard ou d’oie, ou la résistance contre l’humidité du synthétique comme le Primaloft ou le Thermolite.
  • Choisissez en fonction de la praticité : le design du sac de couchage est crucial. Je ne parle pas du point de vue esthétique mais bien au niveau de la praticité. En effet, il est important que votre duvet puisse couvrir aussi bien votre tête que vos épaules, les deux premières zones de perte de chaleur du corps humain.
  • Prenez en compte le poids : n’oubliez pas que vous devrez transporter votre sac de couchage jusqu’à vos lieux de campement, en plus d’autres équipements de neige. Il devient alors primordial de choisir le bon rapport poids/résistance au froid possible. Dans la même logique , vous devrez prendre en compte le volume de votre duvet pour qu’il puisse rentrer ou s’accrocher (sans vous déranger) à votre sac de randonnée.

Pour en connaître davantage, vous pouvez consulter notre guide pour choisir son sac de couchage.

Le tapis de sol vous sauvera la vie

Le tapis de sol est un indispensable pour camper dans la neige. Il fait office de barrière entre vous et le sol et vous permet de conserver votre chaleur corporelle. Néanmoins, pour qu’il soit efficace, il vous faudra choisir le bon. En effet, un matelas pour la neige doit être :

  • Isolant : l’objectif principal d’un matelas est qu’il puisse faire isolation afin de vous protéger du froid. Vous devrez alors choisir un garnissage qui remplisse ce critère tout en prenant en compte l’humidité de la zone de randonnée. Vous pourrez alors choisir entre le garnissage naturel avec des plumes et du duvet ou les isolants synthétiques comme le DownMat 7.
  • Léger : Dans la même idée que pour le sac de couchage, votre tapis de sol doit pouvoir trouver sa place dans votre équipement de camping et de randonnée dans la neige sans trop vous surcharger. Pour cela, il peut être intéressant d’opter pour une marque d’équipement ultra-légères.
  • Pratique : peu volumineux et facile à installer. Ce sont des prérequis nécessaires à un tapis de sol pour camper dans la neige. En effet, lors d’une saison hivernale, le campement doit être installé rapidement du fait de la durée d’ensoleillement restreinte et du froid.

Pour choisir au mieux votre futur tapis de sol, vous pouvez consulter notre guide du meilleur matelas de camping.

L’équipement de cuisine : réchaud + nourriture

En hiver, les conditions de randonnées sont plus difficiles à cause du froid. Pour se nourrir, vous devrez prendre en compte deux variables :

  • Le réchaud : qui peut être impacté par la température.
  • La nourriture : vous aurez besoin d’un plus grand apport énergétique lors d’une randonnée dans la neige.

Pour ce qui est du réchaud, vous aurez plusieurs possibilités :

  • Liquides : que ce soit à essence, kérosène, fuel domestique ou gazole, ce type de réchaud est hautement recommandé lors de trek dans le froid car ces combustibles sont efficaces même sous des températures extrêmement basses. Néanmoins, ils peuvent être difficiles à utiliser car le combustible doit être mis sous pression avec une pompe à main qui transformera le liquide en vapeur pour qu’il puisse se mélanger avec l’air. Ce type de réchaud nécessite également un grand entretien et doit être nettoyé de manière régulière. Enfin, les risques d’incendie sont très fréquents notamment lors d’un usage sous la tente.
  • Gaz : s’il était à proscrire jusqu’à peu de par son incompatibilité avec le froid, il existe aujourd’hui des réchauds à gaz nouvelle génération appelés les réchauds optimisés qui peuvent offrir une certaine efficacité même dans des conditions difficiles.
  • Multi carburants : ce type de réchaud est très intéressant car il fonctionne avec tous types de combustibles. Néanmoins, il existe plusieurs aspects négatifs pouvant freiner les randonneurs dans leur achat : le prix et le manque de praticité.
  • Alcool : assez peu utilisé par les randonneurs en France et pourtant populaire dans les pays scandinaves, ce type de réchaud détient de nombreux avantages comme son faible coût, la facilité à se procurer de l’alcool à brûler et une utilisation très intuitive.

Pour la nourriture, il vous faudra réussir à faire l’équilibre entre vos besoins énergétiques et la charge à transporter. Pour éviter de trop vous encombrer, il est fortement conseillé d’opter pour la nourriture lyophilisée pour son aspect compact et son riche apport énergétique. Néanmoins, ces repas peuvent s’avérer coûteux. Une option alternative sera alors d’opter pour des nouilles chinoises qui sont moins onéreuses, plus légères, peu volumineuses et nécessitent un volume assez limité d’eau pour être cuites.

Les vêtements chauds ne sont pas à négliger

Vous y pensez déjà sûrement, lors d’une randonnée dans la neige, il vaut mieux être chaudement habillé. Attention toutefois, pendant la journée, vous serez très actifs. Ainsi, en vous habillant trop chaudement, vous risquez de beaucoup transpirer. Or, l’humidité lors d’un bivouac hivernal est à éviter absolument. Il sera très difficile de faire sécher vos vêtements et vous aurez du mal à vous réchauffer lorsqu’ils seront  mouillés.
Il convient alors d’opter pour des vêtements respirants afin d’évacuer la transpiration.

Je vous conseille donc de vous habiller avec plusieurs couches afin d’obtenir le parfait équilibre entre chaleur et sec :

  • Première couche : vêtements en laine mérinos qui sont adaptés aux faibles températures, antibactériens, contre les mauvaises odeurs et hygrophobiques. Ce dernier terme signifie que ce matériau s’adapte aussi bien au temps froid et humide qu’au temps sec et chaud. Vous devrez toutefois choisir la bonne épaisseur de cette sous-couche. Je vous conseille la plus épaisse possible.
  • Seconde couche : Le but de cette couche est d’isoler et protéger de l’humidité et du froid. Pour cela, la doudoune est ce qui fait de mieux en termes de confort et d’isolation. Vous pouvez également opter pour des fibres synthétiques comme des polaires.
  • Troisième couche : aussi appelée couche externe, son but est de protéger du vent et de l’humidité extérieure (pluie) mais aussi d’évacuer l’humidité intérieure (transpiration). La meilleure matière en ce terme est le Gore-Tex qui est composé de membranes imperméables et transpirantes. Attention aux K-way qui, contre toute attente, ne sont pas conseillés. En effet, ce type de produit provoque un effet sauna qui n’est pas du tout souhaité lors d’un trek hivernal.
  • Les finitions : pensez bien aux gants, bonnet (ou cagoule), chaussons rembourrés et écharpe.

L’eau, un indispensable à protéger du froid

L’hydratation est indispensable en randonnée et d’autant plus en temps de froid. Pourtant, lors d’un bivouac hivernal, les randonneurs peuvent rencontrer un grand obstacle : le gel. Il faut alors pouvoir isoler au mieux sa bouteille, gourde ou poche d’eau afin que ce précieux liquide ne puisse pas geler. Pour cela, je vous conseille fortement les protections isothermes. Faîtes également attention où vous stockez votre eau lors d’un camping dans la neige afin d’éviter de retrouver celle-ci sous forme de glace le matin. Dans le cas contraire, il vous faudra la dégeler en utilisant votre réchaud, ce qui signifiera, une réduction de votre stock de combustible.

N’oubliez pas la pelle de neige !

On ne peut pas s’en passer lors d’une randonnée ou un camping dans la neige. Cette pelle a de nombreux usages :

  • Creuser un abri de fortune.
  • Déblayer une zone pour son bivouac.
  • Construire des murs de neige pour se protéger du vent.
  • Creuser un trou pour faire ses besoins.

Il existe de nombreux types de pelle à neige. Je vous conseille de prendre un modèle léger et pliable afin de réduire le poids et le volume de votre équipement de trek hivernal.

Bien préparer son bivouac pour camper dans la neige

En plus de cet équipement spécial pour la randonnée et le camping dans la neige, vous devrez préparer au mieux votre bivouac en prenant en compte des conditions extrêmes pouvant se présenter.

Attention aux journées plus courtes

Ne l’oublions pas, les journées sont plus courtes en hiver qu’en été. De ce fait, lorsque vous planifiez de réaliser un bivouac lors d’un trek, il vous faudra préparer vos randonnées afin d’arriver plutôt sur votre lieu de campement. Cela vous permettra d’avoir assez de temps pour installer votre bivouac avant la tombée de la nuit. Pensez également à la lampe frontale pour la nuit.

Choisir son emplacement bivouac

Une fois arrivé à destination, il vous faudra encore trouver votre emplacement de camping et le préparer au mieux pour la nuit. Pour cela, comme en été pensez aux prérequis à connaôtre sur un bivouac lors d’une randonnée :

  • Installez votre campement loin du bord d’une rivière ou d’un fleuve.
  • Préférez les installations prévues par les parcs quand cela est possible.
  • Choisissez un terrain plat.
  • Optez pour un lieu à l’abri du vent.

Ne vous attendez pas aux mêmes refuges qu’en été

En hiver, les refuges sont bien moins nombreux qu’en été. En plus de cela, la qualité et le confort de ceux-ci sont très différents… En effet, les refuges hivernaux sont en général assez sommaires avec peu d’installations. Il est alors conseillé de faire comme si vous étiez en bivouac (la tente en moins) car il risque d’y faire très froid !

Pendant votre randonnée dans la neige

Le trek hivernal implique également plusieurs précautions à mettre en place dans le but de réduire la gêne du froid et de l’humidité et d’éviter les déconvenues.

Restez au sec

Pour éviter de tomber malade ou même, dans les cas les plus extrêmes, l’hypothermie, il est vivement conseillé de se protéger de l’humidité interne (transpiration) comme externe (froid, neige, gel). Pour cela, vous devrez :

  • Porter des vêtements adéquats comme expliqué précédemment.
  • Réguler votre température corporelle.
  • Garder vos vêtements secs en prévoyant des rechanges (notamment la première couche) et dans un abri imperméable pour éviter les gels matinaux.
  • Bien choisir votre emplacement bivouac et penser à le déblayer afin de ne pas installer votre tente sur la neige humide.
  • Prévoir une serviette microfibre afin de sécher votre transpiration.
  • Protéger votre sac de randonnée des intempéries avec une surcouche imperméable adaptée.

Protégez-vous du vent

Le vent est l’un des grands ennemis des treks hivernaux. En effet, le vent a un impact direct sur la température ressentie. Pour cela, quelques conseils sont à prendre en compte :

  • Prévoyez une troisième couche coupe-vent avec une capuche.
  • Fermez vos vêtements pour éviter les courants d’air.
  • Choisissez des zones à l’abri du vent pour vos pauses et bivouacs.

Attention à votre orientation

En hiver, notamment en temps de neige, les chemins changent du tout au tout. En effet, les cartes topographiques sont faites pour représenter le terrain en période estivale. Or, en temps de neige, cette dernière peut atténuer certains reliefs, en créer d’autres ou même, cacher certaines parties de terrains. Vous devrez alors être vigilants quand vous préparez votre itinéraire et utiliser un équipement d’orientation tel qu’un GPS ou une boussole. Cela vous évitera de vous perdre ou certains accidents de randonnée en montagne.

Hydratez-vous correctement

L’hydratation est cruciale en randonnée car l’exercice physique vous fait perdre beaucoup d’eau sous forme de transpiration. Si en été la chaleur et le soleil sont des variables accentuant la déshydratation, l’humidité hivernale également. De plus, le manque d’eau peut fortement favoriser l’hypothermie. Il vous faudra alors penser à vous hydrater régulièrement. Rappelez-vous que lorsque vous sentez la sensation de soif, vous êtes déjà en situation de déshydratation. Ainsi, pensez à boire même quand vous n’en sentez pas le besoin. Si vous n’êtes pas tenté par de l’eau glacée, vous pouvez vous préparer le matin une boisson chaude comme une tisane ou du thé que vous garderez dans une gourde isotherme.

Apprenez à connaître la neige, la glace et leurs risques

Le plus grand danger d’une randonnée hivernale reste la neige ou la glace. En effet, ce type de terrain comprend de nombreux pièges :

  • La désorientation pour changement de paysage : vous pourrez alors sortir du terrain de randonnée et/ou vous perdre.
  • Les avalanches : qui peuvent être nombreuses et impromptues en montagne.
  • Les cours d’eau, corniches et trous recouverts de neige : qui peuvent vous faire tomber.
  • La fatigue : la marche dans la neige est bien plus éreintante, vous prendrez plus de temps qu’en saison estivale et pourrez vous épuiser plus rapidement.
  • Les chemins faussement sûrs : certains sentiers sont assez sûrs l’été mais, en temps de neige s’avèrent dangereux sans le matériel et les connaissances nécessaires.

Ainsi, il est souvent préférable de se préparer correctement en amont d’une sortie hivernale, se former à ce type de circonstances et prévoir un équipement de sécurité (pelle, sonde, détecteur de victimes d’avalanches) dans les cas les plus extrêmes.

J’espère que cet article vous aura été utile pour randonner et camper dans la neige !  N’oubliez pas, si vous souhaitez réaliser un trek de plusieurs jours de prévoir une préparation physique à la randonnée afin d’éviter toutes déconvenues et vous préparer au mieux à votre excursion !

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