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Survie en forêt : le guide complet

Contrairement au bushcraft, qui est un mode de vie délibérément choisi, la survie est un évènement subi. Elle apparait nécessaire lorsque, pendant une randonnée en forêt, vous vous cassez une jambe. Cela peut également arriver que la sortie nature se prolonge et que vous vous perdiez au bout d’un moment. Dans ces conditions, l’on doit parer au plus pressé sans pour autant céder à la panique. En quelques gestes clés, vous serez capable de retrouver des repères et de satisfaire les besoins primaires. De la construction d’un abri à la reconnaissance des plantes comestibles, voyons ensemble les gestes à maitriser pour survivre en forêt et retrouver son chemin.

Parez au plus pressé : la question des blessures 

L’une des raisons pour laquelle vous pourriez vous retrouver obligé de survivre en forêt est lorsqu’un accident a lieu. Vous pourriez faire une chute dans un fossé et vous casser une jambe. Le premier point de la survie en forêt consiste donc à vous protéger. Même en pleine forêt, il existe une solution pour vous confectionner une attelle et, ainsi, protéger votre bras ou votre jambe cassée :

  • Dénichez un bâton de bois qui servira de maintien pour l’attelle
  • Placez-le derrière votre jambe afin de l’empêcher de se replier
  • Fixez le bâton solidement à l’aide de cordes, si vous en avez, ou de vos lacets dans le cas contraire.

Prenez vos repères

Se retrouver perdu dans un lieu inconnu comme une forêt ou être blessé peut être difficile à vivre d’un point de vue psychologique. Il est naturel de céder à la panique lorsque l’on perd ses repères. Mais il existe aussi des solutions simples à mettre en place pour retrouver des points de repère fiables. Cela vous permettra de diminuer l’anxiété et de retrouver la raison afin de mener à bien les prochaines étapes. 

Maîtriser la notion du temps

Vous n’avez pas emmené de montre car vous pensiez que la randonnée ne s’éterniserait pas ou peut-être s’est-elle cassée lors de votre chute ? Pas de panique, il existe un moyen pour déterminer l’heure approximative. Commencez par trouver un lieu d’où vous voyez l’horizon et le soleil. Puis, venez placer vos mains entre l’horizon et le soleil comme sur la figure 1 (ci-dessous). Chaque hauteur de doigt représente un quart d’heure. Avec cette méthode, vous saurez dans combien de temps se couchera le soleil, avec une précision d’un quart d’heure. Bien sûr, si le soleil est haut dans le ciel, c’est qu’il vous reste plus de 2 heures !

Figure 1 : exemple de la méthode pour déterminer l’heure avec ses mains.

Déterminer sa position le jour

Maintenant que vous savez combien d’heures il vous reste avant que le soleil ne se couche, vous pouvez utiliser ce temps pour déterminer votre position de la manière plus précise possible. Avec la position du soleil dans le ciel, vous obtenez également les 4 points cardinaux. S’il est proche de se coucher, vous savez qu’il indique l’ouest. Il vous suffira de déduire les autres axes : le contraire est l’est, etc.

Se retrouver pendant la nuit

Deux indices vous aideront à retrouver votre position durant la nuit si le ciel est dégagé, les étoiles et la Lune. Vous connaissez les constellations de la Grande Ourse (grande casserole) et de la Petite Ourse (petite casserole) ? Notez que l’étoile très brillante au bout du manche de la petite casserole est l’étoile polaire (voir Figure 2), visible uniquement dans l’hémisphère Nord. Celle-ci pointe toujours vers le nord géographique.

Figure 2 : Situation de l’étoile polaire en fonction des deux casseroles.

En ce qui concerne la Lune, c’est l’heure de son apparition qui vous donnera les points cardinaux. Si elle apparait avant le coucher du soleil, la partie visible est face à l’ouest. Lorsqu’elle apparait après Minuit, c’est l’inverse, elle fait donc face à l’est !

Les activités indispensables de la survie 

Maintenant que vous possédez les données de base pour vous situer géographiquement et dans le temps, vous allez pouvoir vous concentrer sur le bivouac afin de passer la nuit dans les meilleures conditions possibles. Au programme : recherche ou construction d’un abri, quête de nourriture et recherche d’une eau potable.

Recherche ou construction d’un abri 

Maintenant que vous avez déterminé le temps dont vous disposiez avant la tombée de la nuit, vous devrez commencer par trouver un abri. Celui-ci vous permettra de vous protéger contre les températures qui peuvent être basses la nuit mais aussi contre l’humidité de la forêt et surtout, contre les aléas de la météo. Si vous êtes en montagne ou dans une région vallonnée, il est parfois possible de dénicher un abri sous roche ou même l’entrée d’une grotte. Les avantages de ces abris sont multiples :

  • Vous gagnez un temps précieux en n’étant pas obligé de construire l’abri
  • Les températures sont stables, autour de 12°C, ce qui peut vous éviter l’hypothermie
  • Il y a souvent de l’eau douce au sein des grottes
  • Vous serez à l’abri de la pluie ou de la neige

Si, toutefois, la recherche d’un tel abri est impossible ou se révèle infructueuse, il est toujours possible d’en construire un par vous-même. Pour cette pratique, la recherche d’un terrain propice et protégé se révèle primordial. Pensez alors à une zone plane, à l’abri du vent le plus possible, proche d’une rivière si vous le pouvez. Ne construisez pas cet abri à proximité immédiate de rivière car, en cas de crue, cela pourrait être dangereux pour vous. En forêt, l’abri le plus simple et rapide à construire reste l’abri végétal, comme sur la Figure 3 ci-dessous.

Figure 3 : abri végétal de survie pour une nuit

Pour concevoir cet abri végétal, il vous suffira d’avoir un couteau de survie pour couper les branchages nécessaires ainsi que les branches. Comme vous le remarquez sur la Figure 3, une branche horizontale sert de panne faîtière à votre abri. Placez-y ensuite plusieurs branches verticales plantées dans le sol qui seront des supports à la couche d’étanchéité. Ramassez ensuite de nombreuses branches, plaques d’écorce et feuilles de grande taille pour créer une couche imperméable. Pour gagner en confort, vous pouvez mettre des branchages de sapin sur le sol car elles n’absorbent pas l’humidité. Cela diminuera la sensation de froid pendant la nuit à cause de l’humidité ambiante. 

Trouver de l’eau et la rendre potable 

L’eau est l’une des données les plus importantes de la survie car, sans elle, un être humain ne survit que 3 jours en moyenne. Cela diminue à 24h à peine lorsque la température ambiante dépasse les 40°C. Vous l’avez compris, trouver de l’eau potable sera l’une de vos priorités. Dans la forêt, il est possible de recueillir l’eau de pluie à l’aide des feuilles des arbres qui agissent comme un récupérateur d’eau de pluie. Toutefois, il ne pleuvra pas obligatoirement lors de cette expérience de survie et savoir filtrer l’eau des points d’eau sera nécessaire. N’oubliez pas qu’une eau cristalline n’est pas synonyme d’eau potable ! L’eau des rivières, des lacs ou des torrents doit être filtrée de la meilleure manière possible avant d’être bue. Même sans équipement de filtration, il existe des méthodes pour arriver à un résultat satisfaisant dans la forêt.

Si vous avez déjà allumé un feu dans votre abri et que vous possédez un récipient, il vous suffira de faire bouillir l’eau. Cela tue les bactéries responsables des problèmes de santé que vous pourriez rencontrer en buvant de l’eau non filtrée. Sinon, une autre solution est envisageable, le filtre :

  • Prenez un bout de tissu en coton, comme un tee-shirt
  • Placez-le à l’horizontale puis versez du charbon de bois pilé dessus
  • Ajoutez-y du sable puis du gravier plus grossier
  • Versez l’eau à travers ce filtre maison

Si vous en avez l’occasion, cumulez ces deux méthodes afin de vous débarrasser des polluants et des bactéries contenues dans l’eau.

Que vous soyez expérimenté ou débutant en randonnée ou en bivouac, emporter une gourde filtrante est rarement une mauvaise idée lors de vos excursions en pleine nature.

La recherche de nourriture

Bien que vous puissiez tenir près de 3 semaines sans manger en conditions normales, la recherche de nourriture sera tout de même l’une de vos priorités durant la survie. Il existe deux possibilités pour cela : la chasse et la cueillette, comme pour les hommes préhistoriques !

La pose de collets

Poser un collet vous permettra d’attraper des proies telles que des lapins et des lièvres. Pour cela, vous aurez besoin d’un fil de fer et de deux bâtons, comme sur la Figure 4, ci-dessous. Constituez un anneau à l’extrémité du fil de fer puis passez l’autre extrémité dans cet anneau. Cela aura pour effet de créer un nœud coulant qui viendra prendre la proie au piège lorsqu’elle tentera de passer au travers. Venez fixer le collet comme sur la figure ci-dessous puis attendez que l’animal vienne mordre à l’appât ! Si vous le pouvez, posez plusieurs collets afin d’augmenter les probabilités de capture. Enfin, vérifiez fréquemment qu’ils ont fonctionné, sinon votre proie sera mangée par plus gros qu’elle !

Figure 4 : Exemple de la manière de poser un collet

Méthode pour trouver des baies comestibles

Vous ne voulez pas tuer d’animal ou ne mangez pas de viande ? Ce n’est pas un problème puisqu’il existe une solution pour dénicher les baies et savoir reconnaître celles qui sont comestibles. Si vous connaissez bien les champignons, vous pouvez même mettre en pratique vos connaissances en la matière pour savoir les reconnaître dans la forêt ! Mais revenons-en aux baies, leur couleur n’est absolument pas un moyen fiable pour savoir si elles sont bonnes ou mauvaises pour la santé. Les vertes peuvent parfois être empoisonnées et les rouges peuvent, au contraire, être comestibles selon la variété. Pour en être certain, voici 4 étapes indispensables à mettre en pratique lorsque vous découvrez des baies en forêt :

  • Pressez-en une ou plusieurs sur votre peau afin de voir si une allergie apparait
  • S’il n’y a pas de réaction après 10 minutes, répétez la même opération mais, cette fois-ci, sur vos lèvres
  • Vous ne percevez toujours rien ? Ce n’est pas fini, mettez-en une dans votre bouche, mâchez-la pendant une dizaine de minutes là encore mais sans l’avaler !
  • Si vous ne sentez ni démangeaisons, ni brûlures d’estomac ou tout autre signe avant-coureur de poison, vous pouvez en manger une petite quantité. Attendez quelques heures, puis si rien ne se passe à nouveau, la baie semble comestible

Conseil : Ne négligez jamais la dangerosité de certaines baies et n’oubliez pas que les symptômes peuvent arriver plusieurs heures après ingestion. Soyez donc très prudents et préférez toujours les baies que vous connaissez déjà ! 

Le belladone peut paraître très appétissante mais c’est en réalité un poison. Ses surnoms parlent pour elle : herbe au diable, empoisonneuse, cerise empoisonnée… Prenez toujours vos précautions face à des baies sauvages. Celle-ci peut être fatale chez l’adulte après 15 baies ingérées et chez l’enfant 5 baies.

Techniques pour allumer un feu 

Vous possédez une pierre à feu ? Pensez à jeter un œil à notre guide ultime du firesteel pour savoir comment l’utiliser en forêt et en période de survie. Mais, si vous ne possédez aucun outil pour allumer un feu, il vous reste la solution tout aussi efficace : l’arc à feu (voir la Figure 5, ci-dessous). Pour le créer, il faut peu de choses : une corde et un bout de bois recourbé en forme d’arc, d’où il tire son nom.

Comme avec le firesteel, faites un petit tas de copeaux de bois sec ou de fibres d’amadou, qui vous servira de combustible et de point de départ de votre feu. Placez ce monticule dans un trou d’une planche de bois, comme sur la figure 5. Enfin, actionnez l’arc de la droite vers la gauche afin de créer une rotation du bout de bois vertical. Cette rotation va faire chauffer le bois qui produira, ensuite, la chaleur nécessaire au départ du feu. Gérez ensuite la quantité de copeaux de bois afin de maitriser votre feu.

Figure 5 : méthode pour allumer un feu avec un arc

Retrouver son chemin pour rentrer chez soi 

Après avoir résolu le problème des besoins primaires et après que vous avez repris un repos mérité, il est désormais temps de retrouver votre chemin dès le lever du soleil. Si vous possédez une carte IGN des environs, vous pouvez jeter un œil à notre article sur comment préparer et organiser une randonnée ! Mieux, vous avez repéré des signalisations de chemins de randonnée près de votre position et ne savez pas comment les interpréter ? Lisez notre article sur comprendre et suivre le balisage en randonnée. Sinon, il existe une solution simple : suivre le lit d’une rivière, cela vous mènera forcément à une habitation ou à un village.

Conclusion

La survie est donc le résultat d’une perte de vos points de repères ou d’un accident survenu lors d’une randonnée. Même en cas de blessure, il est possible de vous confectionner une attelle sur-mesure avec les moyens du bord. Mieux, une forêt possède tout ce dont vous avez besoin pour construire un abri, trouver de la nourriture et de l’eau. Vous pourrez profiter du bois pour faire du feu ou un abri d’une nuit, vous pourrez aussi filtrer l’eau des rivières et des lacs afin de la rendre potable. Avec la technique du collet, vous serez capables d’attraper puis de manger un lapin. Lors de la survie, vous pourrez également reconnaitre les baies comestibles ou non-comestibles grâce aux 4 étapes-clés. Enfin, des techniques simples à mettre en œuvre vous permettront de connaitre l’heure et votre position géographique afin de retrouver votre chemin. Êtes-vous prêt à survivre en forêt ?

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